Le monde a fondamentalement changé, depuis le début de ce siècle. Et, le management des organisations tant publiques que privées ne peut qu‘évoluer face à ce « printemps numérique[1]« .

 Le management est confronté en 2016 à des bouleversements importants:

  • l’éclatement des organigrammes hiérarchiques qui sont remis en cause par l’arrivée des réseaux sociaux internes ;
  • La fin des silos fonctionnels car les collaborateurs se parlent aujourd’hui en réseaux et ceux-ci vont au delà de leurs départements, et même de leur entreprise ;
  • La fin du pouvoir du département informatique sur les outils et les applications utilisées par les collaborateurs, du fait du développement du « bring your own device» grâce auquel les collaborateurs utilisent leurs propres outils connectés et les applications qu’ils veulent ;
  • La disparition de la frontière entre vie privée et vie professionnelle, les deux s’interpénètrent du fait de la connectivité permanente ;
  • Le développement du télétravail qui entraîne la nécessité de passer à la gestion par objectifs ;
  • L’apparition d’un « darwinisme » au sein du monde des organisations dont de plus en plus rapidement certaines disparaissent du fait de l’obsolescence de leurs produits ou de leurs services.

Ces changements sont révélateurs d’un changement de culture, d’un changement de comportement des collaborateurs, de changements de valeurs de ceux-ci, et d’une diminution sensible de la fidélité à un employeur dont l’avenir est incertain face à un monde qui évolue si vite que des pans entiers de l’économie disparaissent.

L’innovation managériale devient donc essentielle. Il est nécessaire d’inventer une nouvelle forme de collaboration, de gestion. Les recettes anciennes sont remises en cause. De nouvelles formes de gestion apparaissent prônant même le bonheur des collaborateurs. Sans aller jusqu’à cet objectif ambitieux, une réflexion est nécessaire pour aider les employés à trouver un sens à leur travail, et si possible un attrait pour leurs missions professionnelles.

Une nouvelle forme de management voit le jour, prônant le passage du contrôle à la confiance. En effet, le contrôle parfois obsessionnel déresponsabilise alors que la confiance peut, si elle est encadrée, promouvoir une motivation réelle.

L’innovation managériale peut se manifester de différentes façons :

  • L’utilisation du nouveau Business modèle Canvas permet de prendre en considération les 9 blocs, c’est-à-dire différents aspects de l’entreprise, la proposition de valeur, les clients, les coûts et les revenus, etc. et donc, de réfléchir à une stratégie cohérente dans un environnement en évolution
  • La transformation de l’organigramme hiérarchique en une structure plus plate, orientée vers des projets, en transformant le middle management en chefs de projets, permet aussi de faire évoluer l’organisation
  • La suppression des processus d’évaluation dont de grandes organisations ont décidé de se passer vu leur faible return, pour mettre en place des processus d’auto-évaluation
  • Le remplacement des horaires fixes, du 8 à 5 par des horaires flexibles, les collaborateurs ayant des résultats à atteindre et non plus du temps à passer au bureau
  • l’usage de réseaux sociaux internes permet de mettre en place une collaboration au-delà des silos classiques et permet de mettre en place un réel partage des connaissances

L’évolution vers un nouveau management, un management 2.0[2], est devenue inéluctable aujourd’hui, et cette évolution nécessite de mettre en place une coopération, une intelligence collective, un partage des connaissances, dont les contours sont encore aujourd’hui « Under construction » comme l’affichaient, il y a quelques années, les sites internet non encore finalisés.

Il est clair qu’aujourd’hui l’innovation managériale est devenue incontournable, au risque de voir les organisations qui ne s’adaptent pas devenir obsolètes et de futures victimes du Darwinisme organisationnel.

 

[1] Folon, J., le printemps numérique, Corporate Ed., 2013.

[2] Folon, J & Choquet, I., management et ressources humaines 2.0, Corporate Ed., 2015

 

 

Jacques Folon exerce, comme Partner chez Edge Consulting, une activité de conseil aux entreprises essentiellement consacrée aux conséquences de l’arrivée des nouvelles technologies dans les organisations tant publiques que privées.
Il est régulièrement sollicité comme expert par la Commission européenne, plusieurs ministères et institutions publiques belges.
M. Folon est également professeur à l’Ichec Brussels Management School,  maître de conférences à l’Université de Liège et intervient chaque année comme professeur invité dans plusieurs institutions universitaires en Belgique, en France et en Afrique. Il est régulièrement invité comme conférencier tant en Belgique qu’à l’étranger pour faire partager sa vision du monde en mutation face aux nouvelles technologies. Il animera prochainement pour IFE Benelux la conférence « Panorama des Innovations managériales » qui aura lieu à Bruxelles prochainement.

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