Selon le Bureau international du travail, le nombre de gens stressés aurait doublé en 10 ans dans les pays industrialisés.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? D’une manière ou d’une autre, du sentiment d’être débordé, d’avoir perdu le contrôle de la situation.

Rien de particulièrement drôle ou détendu. Autant s’en débarrasser !

 

Une autre définition du stress

Réfléchissant aux diverses définitions du stress et au lien avec la notion de contrôle de la situation, il m’est venu une autre manière de le définir. Le stress peut aussi être vu comme le produit du ratio suivant :

 

Ce que l’on se sent obligé d’être, de faire ou d’avoir > < Ce que l’on se sent capable d’être, de faire ou d’avoir

 

Ainsi, plus une personne se sent obligée d’être, de faire ou d’avoir davantage que ce qu’elle se sent capable d’être, de faire ou d’avoir, plus cette personne sera stressée.

Notons qu’il s’agit bien de ce que la personne « se sent » obligée ou capable d’être, de faire ou d’avoir – à tort ou à raison – et non de ce qu’elle est réellement obligée ou capable d’être, de faire ou d’avoir.

Appliquons cette formule à quelques situations génératrices de stress :

  • Stressé de se sentir incapable d’être ce que l’on se sent obligé d’être :
  • Marie Smole se trouve trop petite pour avoir une chance d’être séduisante.
  • Jules Anvieut estime devoir être chef pour être considéré comme il se doit.
  • Jérôme Dutop, directeur, pense devoir être sévère tout le temps pour être respecté, donc efficace (selon ses critères).
  • Stressé de se sentir incapable de faire ce que l’on se sent obligé de faire :
  • Lydia Duvilloge « sait » qu’elle ne sera jamais à même d’être promue.
  • Martine Danleflut est convaincue qu’il faut faire comme les autres pour avoir une chance de réussir.
  • Monsieur et Madame Hinquiet sont sous une pression permanente, car ils ne se sentent pas capables d’éduquer leurs enfants « comme il faut ».
  • Stressé de se sentir incapable d’avoir ce que l’on se sent obligé d’avoir : 
  • Sophie Tristounet se considère incapable d’être promue (et, conséquemment, ne fait rien pour avoir une chance de l’être).
  • Robert K. Briolet se sent obligé d’avoir une plus belle voiture que son voisin, mais il n’y parvient pas. Cela fait des années qu’il se perçoit comme le raté du quartier.
  • Carl Hospatop s’estime déconsidérer dans l’entreprise : le bureau de sa collègue de la même fonction est plus spacieux.

 

Il s’agit bien de ce que la personne se sent obligée d’être, de faire ou d’avoir, donc d’une pression qu’elle estime imposée de l’extérieur, hors de son contrôle. A distinguer clairement de l’objectif que quelqu’un choisit délibérément d’atteindre, d’une démarche que la personne se sent capable de contrôler.

Notre société – fondée sur le matérialisme et la recherche constante de plaisirs – nous amène à confondre bonheur et bien-être avec possessions, niveau social, statut professionnel… Une belle source de frustrations constantes, de « besoins » impossibles à satisfaire pleinement, de stress endémique et croissant.

 

Un exercice personnel de fin d’année !

Toute chose a effectivement son prix, mais si « industrialisation », « progrès » et « amélioration » sont supposés être synonymes, il y a des choses à corriger. La croissance du stress durant ces dernières décennies ne peut s’expliquer uniquement comme le révélateur de fragilités individuelles. Il doit s’agir aussi de la manifestation de dysfonctionnements plus généraux dans nos sociétés.

Comme ni vous ni moi ne pouvons changer le monde en un jour – mais que nous devons continuer à y vivre – je vous invite à vous poser deux questions personnelles qui, je l’espère, généreront des idées nouvelles pour contrôler, réduire, voire éliminer en vous ce fameux stress :

  • Y a-t-il des choses que vous vous sentez obligé d’être, de faire ou d’avoir alors que ce n’est pas (entièrement) le cas ?
  • Y a-t-il des choses que vous vous sentez incapables d’être, de faire ou d’avoir alors que ce n’est pas (entièrement) le cas ?

Ces deux questions peuvent sembler bien innocentes. Et pourtant, en y réfléchissant un peu, au calme, avec votre portable (ou une feuille et un crayon), vous vous apercevrez probablement qu’il y a pas mal de conclusions pratiques à en retirer. Il ne s’agit pas de réduire vos ambitions, mais bien de les rendre plus conscientes et d’accroître votre contrôle sur la vie. Donc, de réduire les sources de stress (potentiel) et d’augmenter votre bien-être !

 

Michel Grisar : Auteur du livre « Du stress au zen », il a été formé en économie en Belgique et en gestion (MBA) aux USA. Il a ensuite œuvré chez Procter & Gamble, Philips et American Express et enseigné pendant 10 ans à la Boston University Brussels. Depuis plus de 25 ans, Michel Grisar crée des business games sur mesure et anime des formations en management dans différents pays, notamment à partir des outils didactiques qu’il conçoit : team-building, finance pour non-financiers, communication et… gestion du stress.

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